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Le 13 janvier 2026 fut organisée par AD2S une table ronde à l’Hôtel de région Nouvelle Aquitaine. Modérée par le général (2S) Jean-Marc Laurent, responsable exécutif, Chaire Défense et Aérospatial, cette conférence portait sur « le défi du MCO de combat face à un engagement de haute intensité ». Nous vous proposons une série de sept podcasts reprenant les moments marquants de cette table ronde, en commençant par l’introduction du général (2S) Jean-Marc Laurent.

Poscasts AD2S - MCO aéronautique : se préparer à faire face, ensemble

Le 26 janvier 2026 -  Le 13 janvier 2026 fut organisée par AD2S une table ronde à l’Hôtel de région Nouvelle Aquitaine.

 

Modérée par le général (2S) Jean-Marc Laurent, responsable exécutif, Chaire Défense et Aérospatial, cette conférence portait sur « le défi du MCO de combat face à un engagement de haute intensité » et a réuni les intervenants suivants :

 

  • Général de corps aérien Stéphane Groën, commandant territorial de l’armée de l’Air et de l’Espace, Officier général de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest
  • Général de brigade aérienne Marc-Olivier Crossoneau, Général MCO Air, Etat Major de l’Armée de l’Air et de l’Espace
  • Pierre Daubin, Directeur Commercial, Direction Générale du Soutien Militaire (DGSM), Dassault Aviation
  • Gilles Gaillot, Directeur Stratégie & Marketing, Thales DMS France
  • Julien Köhli, Head of French Airbus Services Centers, Airbus Defence & Space
  • Général de brigade aérienne Eric Le Bras, Sous-Directeur Technique, Direction de la Maintenance Aéronautique (DMAé )

 

Nous vous proposons une série de plusieurs podcasts reprenant les moments marquants de cette table ronde, en commençant par l’introduction du général (2S) Jean-Marc Laurent résumée ci-dessous.

 

 

L’introduction du général (2S) Jean-Marc Laurent 

 

Le MCO-Aéro : une capacité militaire centrale

 

L’événement AD2S 2026 s’inscrit dans un contexte profondément perturbé, qui renforce plus que jamais sa pertinence et son urgence. Quatre facteurs majeurs soutiennent cette nécessité.

 

D’abord, le contexte géopolitique et sécuritaire. Le risque d’un conflit majeur de haute intensité n’est plus théorique mais craint à court terme, à l’horizon de trois à quatre ans. Cette échéance brève impose une rupture avec les habitudes convenues. Les capacités des forces ne pouvant être fortement accrues en si peu d’années, seule une coopération renforcée entre l’État, les forces armées et l’industrie et une innovation courageuse permettront d’améliorer la capacité et de « Faire Face ». Cela est singulièrement vrai dans l’aérien dont les conflits récents ont montré, sans ambiguïté, qu’il  s’imposait comme une sinon la capacité militaire centrale. A cet égard, ils ont aussi montré que le maintien en condition opérationnelle (MCO) aéronautique ne saurait être considéré comme un simple service de soutien mais qu’il est une capacité militaire à part entière de la puissance aérienne.

 

Par ailleurs, nous constatons une fragilisation des alliances traditionnelles, militaires comme industrielles. Elle sont pourtant essentielles. Mais leur solidité et leur durabilité ne sont plus acquises, ce qui oblige à repenser les modes de coopération qui doivent s’inscrire dans un partage qui n’affaiblit pas l’autonomie stratégique et la puissance militaire. C’est le cas de la coopération transatlantique qui ne doit pas être synonyme de fragilité opérationnelle. De son côté, l’UE porte de belles ambitions, mais celles-ci sont surtout à moyen et long termes et ne répondent pas à l’urgence actuelle. En outre, elle concerne peu les systèmes d’armes de puissance. Sans donc les remettre en cause, il convient toutefois de combiner l’effort national avec des coopérations ciblées, bilatérales ou multilatérales, et sous leadership identifié pour les systèmes majeurs et leur MCO. AD2S ambitionne d’y contribuer, notamment à travers un « Forum des directeurs européens du MCO ».

 

Le troisième facteur est d’ordre politico-économique. La France est entrée dans une logique de « préparation à la guerre » (Revue nationale stratégique de 2025), sans avoir franchi le seuil d’une « économie de guerre ». Si des efforts notables existent pour les armes de masse, l’aérien répond à des exigences industrielles qui freinent un changement d’échelle. La nécessité de « faire autrement », que la RNS 25 avance comme enjeu stratégique, est donc indispensable : adapter les processus de décision et de contractualisation, innover dans les modes productifs et de MCO, revoir la gestion du risque opérationnel (GRO), etc. Le salon AD2S entend, à son niveau, explorer ces défis.

 

Enfin, le quatrième facteur est opérationnel. Les forces françaises sont aguerries, entraînées, engagées sur le terrain et prêtes à des scénarios de haute intensité. Mais elles héritent aussi d’une décennie 2010 où elles ont connu d’immenses réductions capacitaires, matérielles et humaines. Les effectifs n’augmentent pas vraiment et la puissance globale, hors dissuasion, reste insuffisante face aux exigences d’un conflit majeur. A budgets contraints, cela impose une transformations des relations entre l’État, les forces et la BITD. AD2S se veut un lieu de réflexion pour cette mutation, au service d’une résilience collective à la hauteur des enjeux.

 

Retrouvez l’intervention du général (2S) Laurent dans son intégrité sur LinkedIn AD2S.

 

Par Murielle Delaporte